J'arrête de râler

Publié le par Cascades

C'est une copine qui me l'a filé... Je l'ai lu, puis je l'ai rendu, puis je l'ai acheté et je l'ai fait lire (plusieurs fois !) à toute ma famille. Ce livre est assez exceptionnel à plusieurs titres. Une fois qu'on prend le temps de le lire vraiment, on s'aperçoit du nombre d'occasions où on aurait pu ne pas râler ou se plaindre et on arrive à inverser la tendance.

En temps que malade chronique, je pensais qu'il était normal de me plaindre, parce que quand même, j'avais mal tout le temps. Si cela pouvait être "justifié", je n'avais pas réalisé à quel point ce mode de communication pouvait être lourd pour mon entourage.

Ce livre tombait à pic aussi. J'étais en pleine réflexion sur les différentes méthodes de communication (passif, agressif, affirmé) dans mon groupe au centre de la douleur (lien de l'article en fin de page) et je me suis aperçue que me plaindre tout le temps me faisait rentrer de fait dans le mode passif-agressif.

 

Ce que j'ai bien aimé dans ce livre :

- l'explication claire de ce que les râleries font aux autres et à moi-même

- le fait qu'il faut dire 3 fois max une chose à quelqu'un, ensuite, ça tombe à l'eau ou ça l'énerve

- le truc du bracelet qu'on change de côté à chaque râlerie permet de prendre conscience plus rapidement du nombre de plaintes qu'on peut émettre dans une seule journée.

- le fait que je doive éviter le plus possible de me retrouver dans une situation où je vais râler.

Ce que j'ai moins aimé : Le ton peut être parfois moralisateur et devient lassant. C'est aussi angélique à la manière américaine. J'ai préféré le lire en plusieurs fois.

 

De mon côté, ce livre m'a beaucoup aidée à comprendre comment communiquer avec mes proches et les professionnels de santé. Le fait que mes parents soient des râleurs professionnels n'a pas aidé, bien sûr, mais je n'ai jamais été très douée pour renverser la vapeur. Le livre m'a donné les clés pour pouvoir parler de ma maladie sans que les gens aient l'impression que je me plains à longueur de journée.

Je crois aussi que cela a amené un changement de mon moral. Pouvoir parler de choses graves de manière neutre plutôt que négative m'a permis de garder un peu de joie dans mes conversations, c'est toujours ça de pris...

 

Christine Lewicki avait au départ fait un blog https://jarretederaler.com/  Bon, honnêtement, j'ai eu plus de mal avec le blog, alors que je relis le livre régulièrement.

J'ai mis en bas d'article les extraits qui m'ont le plus marquée, comme un pense-bête. Ces extraits ne sont qu'une partie du livre, qui est plutôt bien construit et qui convainc petit à petit à commencer ce challenge. J'ai pour ma part fabriqué deux petit bracelets élastiques tout légers avec des petits pendentifs pour pouvoir varier les couleurs. Ces bracelets m'ont accompagnées un certain temps... Et j'avoue qu'il faudrait que je les remette un peu plus souvent... (bon, j'ai mal au poignet, c'est une bonne excuse ? non ? ok, je sors...)

 

Je ne peux donc que vous conseiller la lecture de ce livre. Même sans vouloir faire le challenge des 21 jours sans râler, il reste très intéressant et parions que vous aurez envie vous aussi d'avoir cet élastique autour du poignet... wink

 

La partie courte de l'article est finie. J'espère qu'il vous a plu. N'hésitez pas à laisser un commentaire avec un pseudo et pas besoin d'entrer une adresse e-mail. A bientôt !

 

Pour aller plus loin, quelques extraits du livre (assez long) :

- " ... dans certaines cultures indigènes, on est encouragé à partager son histoire, mais pas plus de trois fois. Ces cultures reconnaissent l'importance de se libérer, de partager avec ses proches, de raconter son histoire, son malheur et de recevoir de la compassion, mais pas plus de trois fois car ce serait un signe que nous sommes coincés dans une position de victime. Trois fois est suffisant, plus est une dépendance à l'intensité (...) et un signe que nous ne savons pas comment fonctionner sans notre dose de victimisation. Pour sortir de cette dépendance, il faut (...) prendre de la hauteur, du recul (...) et surtout pardonner. Se pardonner à soi-même de ne pas être parfait, et pardonner aux autres. Ainsi on se libère soi-même, on devient libre de poursuivre le chemin de la vie et on commence à voir et à vivre plus pleinement ses expériences agréables."

- fable amérindienne :

C’est une fable amérindienne que l'on racontait le soir sous la tente autour du Feu Sacré. Un vieil homme dit à son petit-fils, très en colère contre un ami qui s'était montré injuste envers lui :

« Laisse-moi donc te raconter une histoire. ». « Il m'arrive aussi, parfois, de ressentir de la haine contre ceux qui me faisaient du mal sans raison. Mais j’ai compris que la haine m’épuisait, sans blesser mon adversaire. Car c'est comme avaler soi-même du poison et désirer que l’ennemi en meure. Je combats maintenant ces sentiments ».

Et il continua : « C'est comme si j'avais deux loups à l'intérieur de moi ; le premier est bon et ne me fait aucun tort. Il vit en harmonie avec tout ce qui l'entoure et ne s'offense pas lorsqu'il n'y a pas lieu de s'offenser. Il combat uniquement lorsque c'est juste de le faire, et il le fait de manière juste. ».

« Mais l'autre loup est plein de colère. La plus petite chose le précipite dans des accès de rage. Il se bat contre n'importe qui, tout le temps, sans raison. Il n'est pas capable de penser parce que sa colère et sa haine sont immenses. Il est désespérément en colère, et pourtant sa colère ne change rien. ».

« Il est parfois si difficile de vivre avec ces deux loups à l'intérieur de moi, parce que tous deux veulent dominer mon esprit. ».

Le garçon regarda alors attentivement son grand-père dans les yeux, puis il demanda : « Lequel des deux loups l'emporte, grand-père ? ». Le grand-père sourit et répondit doucement : « C’est toujours celui que je nourris. ».

- "Mes jérémiades n'émeuvent que moi. Je pollue tout le monde avec mes soupirs. J'ai ainsi remarqué que toutes mes râleries créaient de la distance entre moi et les personnes qui m'entourent, et, quand j'ai cessé de râler, j'ai clairement senti les autres se rapprocher de moi."

- "La parole est un outil qui peut détruire. Ou construire. Contrairement à ce que nous croyons souvent, les mots ont du poids : ils agissent sur la réalité."

- "Notre conscience est un peu comme un aimant. Si notre radar "rien ne va" est en route, alors notre attention est concentrée sur la détection et la mise en lumière de tous nos problèmes. (...) Tandis que si notre radar  "bien-être" est allumé, on a la chance au contraire d'attirer plus de raisons d'être heureux."

- " Quand je râle, je ne fais qu'empirer ma situation et celle de mon entourage et, soyons honnêtes, je ne fais rien de constructif pour améliorer les choses,  je me contente de bougonner, de crier, de ruminer... En plus, quand je râle, je projette mon attention sur tout ce qui cloche dans ma vie, ce qui m'empêche d'apprécier pleinement ce qui marche bien. Quel gâchis !"

 - "En faisant le challenge de ne pas râler pendant 21 jours consécutifs, vous allez créer de nouvelles habitudes, de nouveaux réflexes et, selon les scientifiques, vous allez même créer de nouvelles connexions dans notre cerveau. En effet, nos habitudes ont créé des connexions neurologiques. Quand nous pensons ou agissions d'une certaine manière à longueur de journées, la connexion neurologique qui lui est attachée devient plus forte et plus marquée. Pour faire vite, les gros râleurs ont donc des connexions de pensées négatives plus fortes que les petits râleurs."

- "Le fait de changer le bracelet de côté à chaque fois que vous râlez va profondément aider à la création de nouvelles connexions dans votre cerveau. Cela va ancrer la création d'une nouvelle habitude."

- "Il serait impossible de prétendre que vous puissiez supprimer toute source de frustration ou toute pensée négative. Alors, je vous invite à commencer à ne pas exprimer vos frustrations en râlant, cela a un impact sur votre vie. Ce sont ces mots que vous employez dont vous vous souvenez quand vous vous couchez le soir."

-" Ce challenge m'a permis de très vite réaliser combien il est important que je sois très claire sur ce qui me convient et ce qui ne me convient pas . Ainsi je me suis donné pour mission d'éviter de me mettre moi-même dans une situation qui, je le sais, va me faire râler."

- "Les 3 passoires de Socrate"

« - Sais-tu ce que je viens d’apprendre sur ton ami ?
- Un instant. Avant que tu ne m’en dises plus, j’aimerais te faire passer le test des trois passoires.
- Les trois passoires ?!
- Mais oui, reprit Socrate. C’est ma façon à moi d’analyser ce que j’ai à dire et ce qu’on me dit. Tu vas comprendre. La première passoire est celle de la vérité. As-tu vérifié si ce que tu veux me dire est vrai ?
- Non. J’en ai simplement entendu parler…
- Très bien. Tu ne sais donc pas si c’est la vérité. (…) Alors passons à la deuxième passoire : ce que tu veux m’apprendre sur mon ami, est-ce quelque chose de bon ?
- Ah non ! Au contraire.
- Donc, continua Socrate, tu veux me raconter de mauvaises choses sur lui et tu n’es pas certain qu’elles soient vraies.
- Euh…
- Pour finir, et c’est ma troisième passoire, est-il utile que tu m’apprennes ce que mon ami aurait fait ?
- Utile, non, pas vraiment.
- Alors, conclut Socrate, si ce que tu as à me raconter n’est ni vrai, ni bon, ni utile, à quoi bon m’en parler ? »

- "Désormais, lorsque je me retrouve à un problème ou une frustration, l'éventail de mes possibilités est élargi. Je peux :

- changer de point de vue
- gérer la situation au plus vite en faisant de mon mieux
- communiquer sans juger et  trouver un accord
- patienter
- faire des ajustements pour éviter que le problème ne se reproduise

Mais râler ne fait plus partie  de ce que j'envisage et c'est un profond soulagement."

- "Nous sommes ce que nous répétons sans cesse. L'excellence n'est donc pas un acte , mais une habitude. (Aristote, Ethique à Nicomaque, II, 1.)"

 

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