La Technique Alexander (TA)

Publié le par Cascades

Ou comment passer de la posture de gauche à celle de droite.

Ou comment passer de la posture de gauche à celle de droite.

Mon but est d'obtenir la posture de Lady Mary dans Downtown Abbey, parce que finalement, quand on se tient droit, on n'a plus mal au dos, à la nuque, la tête ne semble plus si lourde... Aujourd'hui, c'est ma technique préférée, celle qui me fait progresser le plus au niveau postural.

C’est cher (50€ min par séance de 45-60min), non remboursé. Apparemment 5 à 10 séances suffisent pour avoir des évolutions posturales tangibles. J'en suis à 6 et je trouve que c'est pas mal, j'arrête pour le moment.

Au bout de 3 séances, les résultats sont déjà prometteurs. Par exemple, le côté droit de mon cou s’est relâché pour la première fois depuis plus de 20 ans (dès la première séance). Ce n’est pas la Technique Alexander (TA) seule, mais bien la combinaison de la TA et de la kiné maxillo-faciale qui a fait ça.

La TA m’a montré enfin quelle position mon corps devait prendre debout, assise, à une bureau, couchée. Mais surtout, comment bouger en maintenant une bonne position. Cette position n’est pas fixe, elle est adaptable en toute situation, aux différents modes de vie. Regardez donc Lady Mary assise sur un canapé, elle se tient toujours droite, sans être rigide...

Dès le début, j'ai eu des remarques de mes amis sur ma nouvelle posture, c’était assez bluffant. Mon cou s'est affiné très vite, malgré mon surpoids.

Oubliez les chaises rembourrées, les canapés où l'on s'enfonce. Votre nouvelle vie sera basée sur un tabouret dur... J'apprends aussi à tenir des objets de la bonne manière "technique de la pince", à être souple dans mes postures "le singe". J'ai ainsi changé ma manière de tenir mon volant, le levier de vitesse, ma posture lorsque je me brosse les dents, ma position de sommeil, j'ai retiré la têtière de mon siège de bureau, je n'en ai plus besoin. La première séance peut être très fatigante, mais les suivantes le seront moins. Les changements se font de manière douce et progressive. Les points de repères sont faciles à retenir et faciles à mettre en oeuvre.

Les points importants pour moi :

- la flexion de la tête se fait au niveau de la première vertèbre (haut de la nuque) et non pas à la base du cou

- le dos doit toujours être vers l'arrière et vers le haut (d'où "le singe")

- les genoux sont flexibles, les hanches aussi, on ne croise plus les jambes

- les épaules ne sont plus en arrière, elles tombent naturellement, donc plutôt vers l'avant

- on s'assoit sur les ischions (les os des fesses) et pas sur le coccyx, et ce, quel que soit votre poids

- il n'y a pas qu'une seule bonne posture. Je peux donc varier les postures. Les postures asymétriques peuvent être bonnes aussi.

 

La TA m’apporte ce que l’eutonie ne peut pas me donner. L’eutonie ne me donne pas de point de repère pour ma posture, mais me permet de lâcher les tensions associées à une mauvaise posture.

Je dirais donc, que dans mon cas, la TA pourra donner indiquer quelle route prendre, et l’eutonie pourra enlever les rochers qui barrent la route.

Un exemple dans mon cas : la praticienne veut placer mon bassin dans une certaine position, mais cela coince à la hanche gauche. Ce n’est pas nouveau pour moi, cette hanche gauche me pose des problèmes depuis des années avec une méga-contracture (due en partie aux exercices proposés dans les magazines féminins). Je ne dis rien, je la laisse faire.  Mes séances durent une heure, elle a le temps d’essayer plusieurs méthodes pour faire lâcher cette hanche… qui ne lâche pas.
La TA ne remplacera donc pas un ostéopathe de ce côté-là… mais l’eutonie, si… En fait, en utilisant des sacs de marrons, bûches et balles de tennis à différents endroits, entre 5 et 10 minutes par jour, la hanche a lâché en moins d’une semaine. La TA m’a donc permis d’identifier le problème, et j’ai pu résoudre le problème rapidement grâce à l’eutonie.

Autre interaction possible : la TA place mon corps dans une bonne position, et l’eutonie permet de me muscler dans cette bonne position. Ce sont donc des techniques très complémentaires.

 

Avant, je disais cela du yoga et de l'eutonie. Mais là, honnêtement, même si je trouve que le yoga est indispensable, ne serait-ce que pour apprendre le souffle et le lâcher-prise, je dois avouer que la TA permet de repérer les problèmes de stature plus vite et de manière plus précise. La TA me donne aussi des points de repère faciles pour retrouver moi-même la bonne posture. En lisant des documents sur la TA, je m'aperçois même que certains des profs de yoga que j'ai eus ont aussi des problèmes posturaux.

 

Je recommande fortement de faire débloquer la zone des cervicales par un ostéopathe 2 à 3 semaines avant la première séance de Technique Alexander. Cela permettra de mieux profiter de la séance. La TA vous permettra par la suite de ne pas vous recoincer les cervicales. On prendra un ostéo méthode Poyet ou équivalent qui ne fera pas craquer les articulations et qui ne fera pas de manipulation des cervicales directement.. (voir mon article sur l'Ostéopathie)

 

A noter que l'Eutonie s'appelle aussi "Méthode Gerda Alexander", à ne pas confondre avec la Technique Alexander. (voir ici mon article sur l'Eutonie)

 

On ne peut pas apprendre la Technique Alexander seul, il faut un professeur. Un cours en individuel de préférence.

Pour trouver des profs : 2 sites français, pour 2 associations qui n'ont pas réussi à se mettre d'accord...

Association des Professeurs de Technique Alexander - APTA

Alexander Technique International France

 

J'en ai ensuite déduit pas mal de choses sur la posture globale et celle de mes enfants que j'ai souhaité partager avec vous.

 

L'APTA a mis en ligne une vidéo de 20 minutes que je trouve bien : c'est ici

 

Si vous voulez approfondir le sujet sur la Technique Alexander (assez long)…

J’ai lu un des livres de référence sur le sujet : « La Technique Alexander, principes et pratique » de Pedro de Alcantara. Je me suis amusée à en faire une critique, qui ne reflète que mes propres opinions, bien sûr. En gros, des idées très intéressantes, mais aussi des trucs très bizarres, qui me font penser que je n’aurais pas aimé rencontrer ce F. M. Alexander. (Ma prof de TA est beaucoup sympathique et empathique que ça.)

 

Ce que je n’ai pas aimé :

  • le livre ne parle que de principes et très peu de pratique, finalement
  • beaucoup de principes de la TA sont commun avec le yoga et je trouve dommage que l’auteur n’ait pas voulu approfondir cela. Beaucoup de choses, comme l’ancrage, l’unité corps et esprit sont des principes très connus de yoga et cela donne l’impression que F.M. Alexander a essayé de créer ses propres préceptes sans s’occuper de ce qui existait déjà.
  • dans ce livre, F. M. Alexander est un peu présenté comme le grand gourou d’une secte, il y a pas mal de paragraphes assez dérangeants de ce point de vue-là
  • « votre enfant se met à pleurer : avant de faire ce qu’il faudrait (le consoler, par exemple), vous devriez être capable de ne rien faire » (arg…)
  • « il se peut que le parent qui laisse pleurer son enfant soit aussi sage, même plus sage encore, que celui qui essaie de le consoler »  (arg.. bis)
  • « Un professeur de TA reçoit souvent les confidences intimes d’un élève. Le professeur devra, soit décourager ces confidences d’une manière ou d’une autre, soit les écouter sans réagir » - super, la personne a besoin de réconfort et le type en face ne fait rien ou ne dit rien. Pas sûre que la personne revienne…
  • « Ce que la plupart des personnes appellent relaxation n’est qu’une sorte d’écroulement ou d’affaissement, un problème plutôt qu’une solution » -encore super, ne relâchons surtout pas les tensions du corps avant de le faire travailler dans de nouvelles positions…

 

 

Ce qui me semble bizarre :

  •  « Alexander aimait dire qu’au cœur même de sa technique se trouvait le voyage que l’élève doit faire du connu vers l’inconnu, le connu étant faux et l’inconnu juste ». (mouais…)
  • «  Ne venez pas chez moi, à moins que, lorsque je vous dis que vous avez tort, vous ne preniez la décision de sourire et d’en être content » - en gros, oubliez tout ce que vous avez appris… seul F.M. Alexander détient la bonne parole.
  • « Ne rien faire est souvent la seule solution pour résoudre un problème quelconque ». -  Une fois que les problèmes sont là, on ne fait plus rien ? Ensuite, si je ne dois rien faire, pourquoi venir faire cette Technique Alexander ?

 

 

Ce que j’ai aimé et qui me fait avancer :

  • « vous devriez être capable de bouger à tout moment, avec aisance et élégance – si la situation l’exige ou si vous le souhaitez »
  • «  nous savons que la langue donne une forme à la pensée et que la pensée donne une forme à la langue. Or puisque vous risquez de penser à des positions rigides de votre corps lorsque vous pensez à la posture, il pourrait vous être utile de parler non pas d’une bonne posture, mais d’un bon usage de soi ; non  pas de la façon dont vous utilisez votre corps, mais de la façon dont vous vous utilisez. »
  • « plusieurs danseurs professionnels donnent l’impression d’avoir une bonne posture. Une fois que vous deviendrez conscient des principes de la technique Alexander, vous vous rendrez compte que souvent un danseur s’utilise plutôt mal, sur scène, ainsi qu’en dehors la scène. Il est souhaitable d’abandonner tout préjugé sur le danseur en tant que modèle. »
  • « vous passez d’une posture à un mouvement, et du mouvement à la posture et encore d’une posture à l’autre, avec une telle aisance qu’il serait impossible de dire où la posture s’arrête et où commence le mouvement. »
  • « toute personne dont la respiration est imparfaite souffre d’une coordination imparfaite ; de fait, ce sont les imperfections de la coordination qui causent les imperfections de la respiration » > c’est du pur yoga, ça.
  • « le simple geste d’embrasser une personne dont la coordination est mauvaise peut devenir une expérience désagréable »
  • « la distinction entre physique et mental n’existe pas et la TA touche la personne toute entière »
  • « Des années de maladie affecte la posture. Une fois la maladie guérie, je me suis dit que la santé devait beaucoup plus que l’absence de maladie. […] Il n’est plus question de distinction entre corps et esprit. Il n’y a qu’un seul être, qu’une seule conscience, un organisme qui vit harmonieusement. »
  • « J’ai eu une fracture à 12 ans en jouant au football américain. A l’époque, la coutume était de continuer à s’entraîner malgré la douleur. J’ai simplement continué à jouer, et la douleur a disparu peu après. J’ai fait de cette manière un mauvais usage de moi-même tout au long de mon adolescence.[…] J’étais musclé, donnant l’impression d’être en forme ; pourtant à l’intérieur, j’étais plein de tension, de rigidité et d’anciennes fractures et foulures que j’avais trop longtemps ignorées. […] je comprends maintenant que j’avais développé des mécanismes de compensation autour des fractures – en gelant mon épaule dans une position peu naturelle, par exemple. Ces mécanismes cachaient la douleur tout en créant de nouveaux problèmes ailleurs dans mon corps. Au moment où j’arrêtais de compenser, je subissais parfois de nouvelles douleurs, qui me semblaient pourtant assez saines : la douleur qu’on éprouve en bougeant normalement après une longue immobilisation dans une mauvaise position.»
  • « Le réajustement continuel sans tension physique excessive des parties du corps est très bénéfique » > c’est le principe même de l’eutonie.
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